
Tout d’abord, nous pouvons clairement dire que le pouvoir instrumentalise l’émotion dans le but d’arriver à ses fins.
Mais pour mieux comprendre ce qu’est la tyrannie de l’émotion, voici un scénario fictif qui illustre ceci.
Un scénario aussi fictif qu’effrayant…
Outre la monstruosité de la pédophilie, ce qui nous importe ici, c’est l’utilisation qui a été faite de l’émotion provoquée par le crime sur le petit Benjamin dans le but d’instaurer une loi qui se révèle liberticide et dangereuse. Pour rappel, la loi sur la rétention de sûreté permet, après l’exécution de la peine de prison, de prolonger - sans limitation de durée et sans infraction - l’enfermement des personnes considérées comme d’une «particulière dangerosité».
Aujourd’hui, l’émotion est au centre de tout ! Elle est à la source et à l’aboutissement du débat politique. En effet, osez dire que vous êtes contre la rétention de sûreté, on vous rétorquera que vous préférez voir les criminels récidiver. Bien sûr, cette réponse est absurde : en aucun cas, dénoncer la loi sur la rétention de sûreté c’est cautionner la pédophilie.
Un autre exemple
Allez, juste un autre pour la route : le tsunami a provoqué une immense vague de dons. Il faut être honnête : nous avons été émus car, là bas, il y avait des « blancs », des Européens, des Français… Le drame nous a touché, donc on a donné : dictature de l’émotion. Peu de temps après le tsunami, il y a eu un tremblement de terre au Pakistan. Mais là, on n’en a eu rien à secouer…
Cela a été la même chose pour les militaires français tombés en embuscade où on a semblé redécouvrir que les militaires pouvaient mourir « dans la pratique de leur métier ».
Droite / Gauche, même combat ?
Pour la droite de Sarkozy, il y a eu Guy Môquet, les chiens dangereux, Outreau, la rétention de sûreté…
Pour la gauche, souvenez-vous, lors des dernières élections présidentielles il y a presque 2 ans. On se souvient tous de Sainte-Ségolène allant réconforter un handicapé en plein débat politique sur TF1. Autant sa démarche pouvait être sincère (après tout, je n’en sais rien), autant nous assistons à « l’émotisation » de la politique.
De plus, je tiens à souligner que lorsque la gauche qui instrumentalise l’émotion, c’est bien vu… à tort ! Régulièrement, nous avons droit à notre lot d’émotion sur les mal-logés, les pauvres, les expulsions d’immigrés… D’ailleurs, lisez l’article de Sylvain juste dessous. Il illustre selon moi l’instrumentalisation de l’émotion dans le but de critiquer la politique d’Hortefeux et Sarkozy.
Bref, pour généraliser à outrance, la droite et la gauche, même combat… Tout dépend ensuite les fins souhaitées. La gauche semble plus axer l’émotion sur le social et l’injustice alors que la droite s’intéresse davantage à la sécurité.
Pour synthétiser
Ainsi, le fait divers vient à l’encontre de la démocratie. Dès lors, on parle d’émocratie : le pouvoir à l’émotion. En voici le processus :
Un fait divers provoque une émotion populaire. Cette dernière entraîne immédiatement la mise en place de lois de circonstance dangereuses.
Cette situation n’est pas uniquement valable pour la France. Les plus grandes démocraties occidentales ont aussi cette dérive. Souvenez-vous de ce qu’ont faits les Etats-Unis après le drame du 11 septembre 2001 : Afghanistan, Irak et Patriot Act…
Et surtout, comme l’écrit Mamère dans son quatrième de couverture : « la tyrannie de l’émotion est aujourd’hui un principe de gouvernance ». Cela évite au pouvoir exécutif d’aborder des problèmes de fond. De plus, l’émotion est un outil formidable pour manipuler les foules.
I'm all over my hearts desire
I feel cold, but i'm back in the fire
Out of control, but i'm tied up tight
Come in, Come out, Tonight
Im coming up in the early morning
I feel love in the shock of the lightning
I fall into the binding light
Come in, Come out, Come in, Come out, Tonight
Love is a time machine
Up on the silver screen
Its all in my mind
Love is a litany
A magical mystery
And all in good time
And all in good time
And all in good time
And all in good timeeeee
You know you could've been a wonder
Takin' your circus to the sky
You couldn't take it on the tight rope
No you had to take it on the side
You always like it undercover
Tucked in between your dirty sheets
But no one's even done nuttin' to ya
In between the hollers and the screams
And I said nah nah hey hey
Another dirty bird ain't givin' out a taste
In the black of the night till the red morning light
In pitch dark I go walking in your landscape
Broken branches trip me as I speak
Just cos you feel it doesn't mean it's there
Just cos you feel it doesn't mean it's there
There's always a siren singing you to shipwreck (don't reach out, don't reach out)
Stay away from these rocks we'd be a walking disaster (don't reach out, don't reach out)
Just cos you feel it doesn't mean it's there (there's someone on your shoulder)
Just coz you feel it doesn't mean it's there (there's someone on your shoulder)
Feel it
Why so green
And lonely
Heaven sent you
To me
We are accidents waiting
Waiting to happen
Malgré tous ses déboires, sa voix reste magique...
He walks away the sun goes down
He takes the day but I’m grown
And your way,
In this blue shade
My tears dry on their own